Parcours de politologue #11 Nathan Dumoulin
« Parcours de politologue » part à la découverte de politologue de l’ULiège. Pour ce onzième épisode, Nathan Dumoulin, membre de l’Institut de la décision publique depuis septembre 2025 nous livre son regard sur son parcours.
Pourquoi as-tu décidé d'étudier la science politique ?
Nathan : Ça m’est venu un jour quand j’étais en rhéto et c’est resté. Je ne sais plus comment j’avais découvert les études de science po, j’ai l’impression que je me suis réveillé un matin avec une idée en tête et que j’en ai directement été convaincu. Au début, je voulais faire droit ou journalisme. Je me suis toujours intéressé à la politique belge et j’ai fait mon T.F.E. de rhéto sur la démocratie athénienne, c’est à ce moment-là que j’ai décidé que j’allais m’inscrire en science po.
Durant tes études à Liège, qu’as-tu le plus apprécié ?
Nathan : Je pense que je vais répondre le CESPAP, c’est vraiment la chose qui a le plus influencé mes années d’étudiant. J’ai passé beaucoup de temps dans ce local (peut-être même un peu trop), mais ce qui est génial c’est qu’on peut y trouver tout ce qu’on cherche. C’est là que j’ai rencontré tout mon groupe de potes, j’ai vécu des moments géniaux aux voyages et aux soirées. Et il y a aussi plein d’autres activités comme les cinémas ou le mini-foot. Et puis c’est une motivation supplémentaire pour faire le chemin jusqu’à l’unif certains jours, donc même pour les cours c’est quelque chose de bien le CESPAP ! J’ai été trésorier, on peut apprendre d’autres compétences et se responsabiliser.
Et puis Liège plus généralement est une grande ville où on peut faire plein de choses. Je me suis bien senti à Liège durant mes études, j’y ai un peu habité comme kotteur et j’ai toujours apprécié l’ambiance et la vie nocturne.
Comment es-tu arrivé à l’Université ?
Nathan : Sans trop me poser de questions. J’ai fait mes secondaires en général, mes latines, parce que « ça ne ferme pas de porte », comme on dit, donc il fallait bien faire des études après. Et puis, je voulais faire science po et science po, ça se fait ici à l’Université. Si ça se faisait autre part, j’aurais été autre part. Ce n’est pas l’institution Université qui a été déterminante.
En réfléchissant bien, je pense que ce choix m’a plutôt bien convenu. Le cycle long de 5 ans m’a plu, j’en ai bien profité et la liberté (ou l’autonomie, c’est selon) que propose l’université m’allait bien aussi. Il faut le reconnaître, c’est parfois agréable de pouvoir organiser ses semaines sans trop de contraintes. Je ne sais pas si je peux le dire ça !
Quel est ton livre préféré ?
Nathan : Pour être honnête, n’ai pas beaucoup pris le temps de lire pour le plaisir pendant mes études. J’ai lu récemment « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître et j’ai vraiment adoré. Je l’ai dévoré rapidement en étant plongé dedans, je le recommande ! il faudrait que je regarde le film aussi. Mais j’ai un problème avec les livres, c’est que j’en achète beaucoup plus que ce que je n’en lis. Quand j’en commence un, je me sens obligé de le finir avant d’en commencer un autre. Ce qui fait que si en cours de lecture, je ne l’apprécie plus trop, il tire en longueur et je n’en commence plus pendant un petit moment. C’est assez embêtant…
Qu’est-ce que la science politique peut apporter à la société ?
Nathan : Je trouve que c’est vraiment très utile pour comprendre tout un tas de choses. Que ce soit le fonctionnement de l’État belge, des enjeux internationaux et géopolitiques ou même des phénomènes sociologiques. Un exemple qui revient souvent, ce sont les 12 ministres de la santé. Ça peut paraître flou ou incompréhensible, mais avec la science politique, on comprend d’où ça vient et les raisons d’être. La science politique est un domaine très large et qui permet vraiment de développer son esprit critique. Je pense que c’est ça le plus important.
Pourquoi conseillerais-tu aux jeunes d'étudier les sciences politiques ?
Nathan : Pour toutes les raisons que je viens d’expliquer déjà. Et puis, on ne s’enferme pas dans une seule voie en commençant des études de sciences politiques. Dès la Bac 1, il y a de l’Histoire, de la sociologie, de l’économie, du droit, … Et au fur et à mesure des années, on peut s’orienter vers l’administration publique, les relations internationales, … selon nos accroches. C’est important de comprendre le monde qui nous entoure et les sciences politiques préparent bien à cela.
Quels sont tes domaines de recherche au sein de l’UR Cité ?
Nathan : Je travaille sur une étude à propos des élus locaux et de la culture. J’étudie ce que font les communes pour la culture selon plusieurs caractéristiques comme la taille de la commune, sa situation géographique, son niveau socio-économique, etc. pour le mettre en lien avec la couleur politique de l’échevin de la culture.
Et à côté de ça, j’adore travailler sur tout ce qui touche de près ou de loin aux pouvoirs locaux. On est servi en ce moment : réforme des provinces, fusion des communes, problèmes de financement des communes, bassins de vie, … Je pourrais rajouter les motions de méfiance aussi. C’est mon thème de mémoire, celui qui m’a donné l’envie de faire de la recherche donc j’y reste encore assez attentif.
Quelle est la place de l’association de jeunes « Albatros de Bruyères » dans ta vie ?
Nathan : La jeunesse de Bruyères, l’Alba pour les intimes, prend une grande place dans ma vie ! J’y suis rentré quand j’avais 15 ans. C’est vraiment génial, ça m’a permis de m’ouvrir et de faire plein de rencontres. Au fur et à mesure des années, on peut se responsabiliser et participer de plus en plus activement à la préparation des évènements. Au début, j’y allais surtout pour m’amuser et puis je suis devenu secrétaire et maintenant président. On se rend vraiment compte qu’organiser une soirée ou la fête du village, cela demande beaucoup d’investissements et il faut penser à tout. Il y a aussi tout le volet contacts et échanges avec les prestataires et la Commune. C’est un côté que j’aime beaucoup. Petite déformation professionnelle…
As-tu une passion à laquelle tu donnes une portée politique ou sociale ?
Nathan : Justement, je vais répondre la Jeunesse de Bruyères. Surtout les quelques dernières années, depuis que je m’implique activement dans le comité. On essaye de proposer des activités qui plaisent à tout le monde et qui rassemblent. Il en faut pour tous les âges et les goûts. Que ce soient des soirées de jeunes, la pétanque caritative, la kermesse annuelle ou l’apéro villageois, on y prend beaucoup de plaisir, mais il ne faut pas oublier que les gens comptent aussi sur nous. Je considère qu’on a vraiment un rôle à jouer pour créer du lien entre les Bruyèretois et dans l’ambiance générale. Un village qui vit, cela se ressent !
Que proposerais-tu comme réforme politique pour favoriser un sentiment de confiance plus important parmi les citoyens ?
Nathan : Je pense qu’une des causes de la perte de confiance en politique c’est le politique. Ceux qui s’accrochent au pouvoir et dont l’unique objectif est de s’y maintenir. La politique doit se faire pour les autres, pour l’État, pas pour son ego personnel. Mais comment traduire ça en réforme ? C’est une bonne question. Je pense que la limitation des mandats dans le temps, peut-être une piste de solution, mais je ne pense pas qu’il y ait une réforme miracle.
Parierais-tu sur l’État belge dans les prochaines années ?
Nathan : Oui, oui ! Triple oui ! J’adore la Belgique et je souhaite qu’elle vive encore longtemps (toujours grande et belle). Et puis même si les politiciens se chamaillent entre eux, je pense que la Belgique a encore du sens pour énormément de monde, il suffit de voir lorsque des évènements nous rassemblent. Bons comme mauvais, tous derrière les Diables rouges, après un attentat ou une catastrophe à l’étranger, on cite toujours le nombre de victimes belges. Je mettrais bien ma pièce sur l’État belge.
Je pense qu’une des causes de la perte de confiance en politique c’est le politique. Ceux qui s’accrochent au pouvoir et dont l’unique objectif est de s’y maintenir. La politique doit se faire pour les autres, pour l’État, pas pour son ego personnel.
Idéalement, où te vois-tu dans dix ans ?
Nathan : C’est vraiment une question compliquée. Je suis à un âge où tout peut rapidement changer. Je n’ai aucune idée d’où je pourrais bien être. Idéalement, je me vois bien entouré et en bonne santé, c’est le principal. Et encore plus idéalement, dans mon petit chez moi dans la campagne du Pays de Herve. On s’y sent vraiment bien. Et niveau professionnel ? DG, Gouverneur, ministre des Pouvoirs locaux ? Rêvons !
